Cujo de Stephen King

Cujo de Stephen King

Le King de l’angoisse est de retour sur le blog!

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genre : horrifique, suspense

Pourquoi j’ai choisi ce livre / cet auteur ?

C’est probablement redondant de le dire à chaque fois, mais Stephen King reste mon auteur préféré !

Le choix de Cujo s’est fait suite à un running gag inénarrable de cet été avec des amis, et il s’agit d’une lecture commune avec Bennybooks. Pendant longtemps, l’histoire ne m’a pas attirée, c’est aussi simple que ça. Je ne saurais pas l’expliquer, l’histoire du chien fou qui croque les gens ne m’emballait pas outre mesure. C’est d’ailleurs un des rares King de l’ancienne époque que je n’ai jamais lu, et par ancienne époque j’entends la période jusqu’à 1999, année de l’accident de l’auteur. Les avis sont partagés, mais ma préférence va surtout vers ses anciens écrits.

 

Résumé (sans spoil)

Castle Rock, petite ville tranquille du Maine. Le spectre de Franck Dodd, flic psychopathe qui s’est donné la mort quelques années plus tôt, rôde encore mais la vie a repris son cours normal.

La carrière de Victor Trenton et de Roger Breakstone ne tient plus qu’à un fil. Les deux associés partent à Boston sauver leur agence de publicité. Ils laissent derrière eux leurs proches, leurs problèmes de famille et de couple également, mais qui n’en a pas ?

Cujo est l’adorable chien de Brett Camber. Un gros saint-Bernard d’une centaine de kilos, tellement adorable et attaché à son jeune maître. Mais mordu par une chauve-souris et atteint progressivement par la rage.

Les chemins des uns et des autres vont se croiser. Pour le pire.

 

Mon avis

Je redoutais que l’action tourne essentiellement autour de Cujo, dans le rôle du monstre qui terrorise la bourgade. Cela n’aurait pas forcément été inintéressant, mais tout de même assez limité en termes d’intrigue. Or, King nous livre une histoire qui vire peu à peu au huis-clos, à la lutte psychologique sans merci entre Cujo, atteint de la rage, et Donna, une mère de famille tentant de lui échapper elle et son fils. L’auteur prend le temps de nous plonger dans l’esprit de l’animal, qui lutte contre le mal qui le ronge et qui perd inexorablement la raison.

Les principaux travers de King, dans le déroulé de ses intrigues, sont les suivants : soit l’histoire met du temps à se mettre en place mais après on est littéralement scotché au livre, soit on est tout de suite plongé au cœur d’une histoire prenante mais après on sent que King ne sait pas quoi faire de l’histoire qu’il a commencée. Ici le démarrage paraît longuet, mais on se rend compte a posteriori à quel point l’auteur a bien préparé son coup. Le destin n’est qu’une succession de petits détails qui, mis bout à bout, amène à la tragédie à laquelle le lecteur assiste impuissant.

King joue avec les nerfs du lecteur, car les occasions qui auraient permis de sortir Donna et Tad de ce pétrin plus tôt, voire même de leur éviter de s’y retrouver, n’ont pas manqué. Par exemple, les Camber mère et fils quittent Castle Rock pour la première fois de leur vie pour rendre visite à la famille alors qu’il est évident que Cujo n’est pas dans son état normal. A chaque fois qu’un protagoniste aurait pu se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond, il n’envisage jamais le pire. l’image de ce placard au début de l’histoire : l’enfant voit un monstre là où les parents rationalisent. Les monstres n’existent pas, n’est-ce pas ? Si ?

Si.

Mon conseil ? Lisez Cujo. Ce n’est certes pas le meilleur de l’auteur, mais il fait parfaitement le job et une fois l’action lancée on a du mal à le lâcher.

 

Mon personnage préféré

On a parfois reproché à King de ne pas faire la part belle aux personnages féminins : je trouve le personnage de Donna très intéressant et nuancé. King nous épargne l’écueil du manichéisme, j’entends la culpabilité qu’elle aurait pu ressentir. Elle ne vit pas son malheur comme un « juste » retour de bâton. Elle ne se retrouve pas coincée dans cette voiture parce qu’elle a été infidèle, mais simplement parce qu’elle s’est trouvée au mauvais endroit et au mauvais moment. La description de sa lutte mentale contre Cujo est intense, elle n’est pas .surhumaine, mais elle reste forte jusqu’au bout.

 

Un passage qui m’a marqué

Sans ambages, sans tergiverser, la fin. Du coup je ne vais pas développer. Celle-ci m’a entre autres rappelé ce que j’appréciais tant chez l’auteur : on ne sait jamais comment ça peut finir avec King. Jamais.

 

Une citation

« Cujo lui adressait un rictus. Donna sentit un cri naître dans sa poitrine, lui monter à la gorge telle la lame d’un couteau ; elle savait que la bête s’adressait mentalement à elle, lui disait : Je vais t’avoir mon chou. Je vais t’avoir, gamin. Tu peux penser au facteur autant que tu veux. Je te tuerai s’il le faut, comme j’ai tué les trois Camber, comme je vais vous tuer toi et ton gosse. Vaut mieux que tu te fasses à cette idée. Vaut mieux… »

 

Bonus

Je passerai rapidement sur l’adaptation cinématographique de 1983, qui est assez fidèle, ça se laisse regarder sans mal même si le film a un peu vieilli.

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J’ai pris le parti pour cette section bonus, cette fois sans trop de prétention, de retenir le côté huis-clos de l’histoire, que j’ai trouvé habilement mené par King.

De ce fait, il était impossible de ne pas penser à un autre huis-clos du même auteur, à savoir Jessie : King réussit le tour de force de faire tenir l’intégralité de l’histoire, à peu de chose près, dans une chambre avec une femme restée seule attachée au lit, après un jeu érotique qui a mal tourné, et avec pour seule compagnie un cadavre et un chien affamé. Le pitch tient sur un post-it, mais King nous tient en haleine sur plusieurs centaines de pages avec !

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Misery est également un excellent huis-clos avec un personnage féminin fort en la personne d’Annie Wilkes. Ce roman fait partie des plus célèbres de Stephen King, notamment en raison de son adaptation ciné et de l’interprétation époustouflante de Kathy Bates. Est-il vraiment nécessaire de vous en parler plus longuement?

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En élargissant un peu le spectre du huis-clos, on retrouve Brume. Des gens se retrouvent enfermés, des monstres rôdent et attendent dans un épais brouillard. En attendant, les esprits s’échauffent et la nature humaine est décidément terriblement prévisible.

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via Chroniques

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7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. tomabooks dit :

    Bon, je vais te rassurer, mais on a le même avis sur Cujo 😋.
    Je crois même que mon article n’en dit pas autant que toi 😉.
    En te lisant, j’ai retrouvé tout ce que j’avais aimé dans ce roman ! J’espère que les gens vont venir te lire pour foncer sur Cujo !

    PS: si je devais choisir un personnage, je choisirai Cujo (le plus gentil de tous finalement)

    PS2: la petite fille qui aimait Tom Gordon aurait pu avoir sa place dans les huis-clos 😋

    Aimé par 1 personne

    1. La p'tite Isa dit :

      Toujours un plaisir d’avoir ton retour 😊, merci beaucoup!
      La petite fille qui aimait Tom Gordon je dirais que c’est plus un genre de survival à la « Seul au monde ». Elle est certes menacée par une bête, mais la menace est plus diffuse et elle n’est pas bloquée dans un espace restreint. Mais ce n’est que mon humble avis 😉. Hâte de lire ta chronique 😊.

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      1. tomabooks dit :

        Avec plaisir !

        Ça peut aussi être un survival, mais le fait qu’elle lutte psychologiquement dans cette immense forêt, sans pouvoir réellement en sortir, me fait penser à du huis-clos 🙂

        Aimé par 1 personne

      2. La p'tite Isa dit :

        Le fait qu’elle se déplace, même sans réussir à trouver la sortie, et que ce n’est pas une menace extérieure qui l’a mise dans cette situation d’isolement, m’empêche de considérer ça comme un huis clos. Mais ça se discute 😉

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      3. tomabooks dit :

        Bon j’avoue que tu marques quelques points, mais je suis tout de même intimement convaincu que c’est un mélange des deux, 😂

        Aimé par 1 personne

      4. La p'tite Isa dit :

        Oui ça reste possible, surtout quand c’est bien argumenté comme ça 😉

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  2. Tomhas dit :

    Alala Cujo, ce livre qui a traumatisé plein de gens des chiens XD. Un très bon livre !
    Le huit-clos est un thème que j’apprécie particulièrement chez King, je trouve qu’il le manie avec perfection.

    Aimé par 1 personne

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