La nuit des morts-vivants de Bonetti et Istin (BD)

La nuit des morts-vivants de Bonetti et Istin (BD)

Pour changer, voici la chronique de la réinterprétation en une trilogie BD du film culte éponyme de George Romero!

IMG_20180930_134100_502

genre : horrifique, post-apocalyptique

Pourquoi j’ai choisi ce livre / cet auteur ?

J’avoue tout : je vois le mot « zombie » et déjà je suis intriguée ! En plus une BD qui se propose comme une adaptation du cultissime « Nuit des morts-vivants » du maître du genre Z George Romero, difficile d’y résister !

 

Résumé (sans spoil)

Lizbeth et Leland s’apprêtent à sacrifier à la bonne vieille tradition : se recueillir sur la tombe de leurs parents, comme chaque année. Mais cette fois-ci les choses ne vont pas suivre leur cours normal : un intrus s’en prend à eux, et ils se rendent vite compte de son agressivité et de son appétit hors norme, de même que ses camarades. Ne leur reste que la fuite, mais où ? Le monde semble tomber peu à peu dans le chaos. Cet immense hôtel, où se retrouveront d’autres survivants, paraît être un abri idéal, mais peut-on vraiment compter sur ses semblables ? Qui représente la plus grande menace : le zombie ou l’homme ? Et qui est responsable de cette catastrophe planétaire ?

 

Mon avis

La trilogie commence sur une expérimentation sur un singe, ce qui m’a quelque peu déroutée, et a fait immédiatement surgir quelques appréhensions. Non que je n’apprécie le film « 28 jours plus tard » de Danny Boyle et sa suite, il a même une place de choix dans ma filmographie, mais il s’agit d’un concept radicalement différent dans l’exploitation du thème « zombie ». Heureusement on retrouve rapidement un environnement familier : un frère et une sœur, en visite dans un cimetière, qui se font attaquer par des zombies. Il s’agira réellement du seul point commun avec le film. Se réfugier dans un immense hôtel, dont l’extérieur a tout de l’Overlook de Shining, ne retranscrit pas le retranchement qui confine à la claustrophobie du film même si le danger guette à chaque moment.

20180930_183403

La BD ne s’attarde pas sur la rapidité avec laquelle s’étend l’épidémie : quelques cases, deux pages à peine, qui alternent avec le voyage en voiture de Lizbeth et Leland, sur une bande-son assez ironique puisqu’il s’agit de « Stairway to heaven » de Led Zepplin. Le sujet est donc vite évacué et on se recentre rapidement sur l’action, même si les esprits chagrins regretteront que la pandémie se répande aussi rapidement (le voyage de la fratrie n’est pas si long), l’exercice est réussi.

En parallèle de l’histoire, nous suivrons un fil rouge par le biais de flash-backs : Lizbeth participe à une séance d’hypnose qui la fait replonger dans des souvenirs enfouis. On comprend que le phénomène zombie trouve sa source dans des événements remontant à son enfance et directement liés à sa famille. Chaque film de zombie choisit de répondre ou non à cette question cruciale : quelle est l’origine de l’épidémie ? Cette BD y répond, c’est plutôt cohérent sans être réellement novateur. Je n’en dis pas plus et vous laisse le découvrir.

On pourra me reprocher de chercher la petite bête, mais j’ai décelé quelques incohérences qui me gênent quelque peu : on va me reprocher d’être sans cœur, mais un hélico qui s’écrase, et John, le mari de Lizbeth, qui sort tranquillement et sans le moindre dommage de la carcasse de l’engin avec son fils et sa fille toujours dans le porte-bébé, j’ai du mal à adhérer. De même, Lizbeth qui sort et se fait suivre tranquillement par deux zombies : elle marche doucement pour ne pas se faire repérer ? Il me semble qu’il y avait plutôt matière à une scène d’action. De même, John se réfugie dans la première maison qui s’ouvre et où, oh miracle, un bébé y vivait donc il trouve rapidement de quoi manger pour sa fille… Je dois avouer être assez intransigeante sur ce type de facilités scénaristiques (qui me rappellent de passionnantes conversations sur les épisodes de la série The walking dead avec l’ancien rédacteur en chef de l’excellent site spécialisé My zombie culture).

Même si cette BD ne révolutionne pas le genre, on passe un bon moment et on aurait tort de s’en priver.

 

Mon personnage préféré

Le gérant de l’hôtel, Hubert Hodge, est à mon sens le personnage le plus intéressant. Il prend le contrepied du déroulement classique des histoires de zombies : généralement, les survivants se rassemblent, et c’est par la suite que les relations se dégradent. Ici Hodge est d’emblée un homme d’affaires cynique qui considère toute personne vivante comme un cafard inutile. La scène d’introduction du 2e tome est édifiante : il descend impitoyablement toute personne vivante qui tente d’approcher son hôtel. Certes son attitude est stupide aussi, car en même temps qu’il tue des alliés potentiels il fait un vacarme qui attire toujours plus de putréfiés. Cependant, on n’a pas tous lu le « Guide de survie en territoire zombie » de Max Brooks, donc son comportement reste cohérent.

J’apprécie également qu’un autre stéréotype ait été évité : en général les « snipers » des films de série Z sont plutôt du style redneck, donc un enfoiré cynique en costume cravate qui dézingue les survivants du haut de son hôtel, je trouve que c’est une bonne trouvaille.

 

Le graphisme, le visuel

L’histoire se déroule en hiver. C’est un choix scénaristique qui s’éloigne du film, mais qui a une conséquence intéressante sur le graphisme de la BD. Cela amène une ambiance particulière dans le visuel : les couleurs sont froides, à l’image des corps sans vie qui déambulent sans autre but que de dévorer et s’approprier celles des vivants.

Il n’y a pas de surenchère d’hémoglobine, le dessin est précis et brut, pas de violence inutile, tout en se faisant plaisir sur certaines scènes assez explicites. Le dessin est réaliste, l’action est privilégiée et les pages se tournent assez vite.

L’histoire comporte des scènes de flash-back, pendant les séances d’hypnose de Lizbeth. Conventionnellement, ces scènes sont en noir et blanc, ici elles sont en nuances d’un vert assez sombre, qui n’est pas sans rappeler le teint vitreux des corps en putréfaction des zombies, et contribuent à s’immerger encore plus dans cette atmosphère glauque.

Une citation

« Quand il n’y a plus de place en enfer, les morts déboulent sur terre ! Des conneries tout ça ! »

 

Bonus

Je ne saurais que trop vous recommander de regarder le film « La nuit des morts-vivants » de Georges Romero. Certes, il paraîtra lent au regard de toutes les productions actuelles, mais il s’agit d’un film culte que tout amateur de zombie DOIT avoir vu.

18655295.jpg

En ce qui concerne la BD, dans le thème zombies je ne connais pas mieux que Zombies d’Olivier Péru et Sophian Cholet. On a un 1er cycle de 3 tomes, un spin-off (tome 0) et 3 variations avec les Zombies Nechronologies. Outre de proposer un point de vue intéressant, le graphisme est magnifique. Comme pour toute histoire de zombies, les tomes essaient de répondre à ces questions existentielles : comment survivre dans cet environnement hostile, et comment conserver son humanité ?

Couv_134742

 

 

via Chroniques

Publicités

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Tomhas dit :

    Pas fan des trucs de zombies, donc je ne le lirai pas. Mais super chronique, comme toutes les autres ! Tellement content que tu te sois lancée dans cette aventure, j’ai hâte de voir la prochaine :p

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s