Désolation de Stephen King

Désolation de Stephen King

Pour ma 3e chronique, il était temps que je penche sur mon auteur préféré entre tous!

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genre: horrifique, suspense

Pourquoi j’ai choisi ce livre / cet auteur ?

Le choix de l’auteur est une évidence : Stephen King et moi c’est une histoire de 25 ans. Je ne dis pas que j’idolâtre tous ses écrits (enfin beaucoup!), mais ma 1ère lecture, Running man, a modifié profondément mon ressenti et mes attentes vis-à-vis des histoires que je lis. Il reste pour moi une référence absolue dans la littérature d’épouvante. J’espère que ça ne gênera pas la lecture, mais cette chronique, et celles à venir sur les œuvres de Stephen King, contiendront quelques références à d’autres de ses romans, tant son univers forme un tout. Je m’efforcerai cependant de rester limpide, et reste à disposition des curieux qui voudront en savoir plus.

En ce qui concerne le choix du roman, le fait de l’avoir en double m’a permis d’entamer une lecture partagée avec @laplumeraie. Un autre ami qui m’est cher en a aussi entamé la lecture sur ma recommandation, et c’est agréable d’échanger ses impressions de lecteur.

 

Résumé (sans spoil)

Un couple emprunte la nationale 50, surnommée « la route la plus déserte d’Amérique », dans le Nevada. Ils ne le savent pas encore, mais Désolation et son lot de malheurs les attendent.

Un flic les arrête, ce qui semblait être un simple contrôle. D’une situation banale tout dérape. Ils comprendront très vite qu’ils sont loin d’être les seuls pris dans un engrenage infernal : une famille arrivée en camping-car, un écrivain vieillissant et le vétérinaire de la ville. Les drames arrivent vite et sans la moindre sommation. Que leur veut ce policier qui se décompose peu à peu et semble pourrir lentement ? Quelles sont les forces à l’œuvre dans cette ville étrange et auxquelles les animaux semblent obéir ?

Le cauchemar à Désolation ne fait que commencer…

 

Mon avis

On reproche souvent à Stephen King de prendre son temps dans la mise en place de son histoire (je pense personnellement à 22/11/63). Ici il n’en est rien. Le monde normal s’évanouit dès les premières lignes, le malaise est palpable immédiatement. On sent qu’il faut faire demi-tour, tant qu’il en est encore temps. Mais la machine du destin est en lancée et rien ne l’arrêtera. King nous embarque et nous oblige, pauvres lecteurs-spectateurs impuissants, à assister à un carnage qu’on pressent depuis le départ.

L’honnêteté me pousse à dire que si la 1ère partie de l’histoire est tout bonnement saisissante, tant l’atmosphère est glauque et étouffante, la 2e partie est un peu plus laborieuse, et c’est un peu dommage au vu des promesses du départ. Mais elle réserve des moments où il aurait fallu me jeter à l’eau pour me faire lâcher mon livre. Par exemple, la scène Ellen/Mary (je n’en dis pas plus !) est particulièrement angoissante, à tel point que ma manucure en a grandement souffert !

Un aspect qui m’a beaucoup touchée dans ce récit est celui, cher au King, du thème de l’enfance sacrifiée et de l’innocence corrompue par la cruauté du monde des adultes. Ici, c’est le personnage de David qui sera le personnage le plus croyant mais également le plus malmené. Bien qu’il m’ait par moment agacé, de par le parcours peu clément qui lui est réservé on ne peut rester indifférent. Je resterai assez vague pour ne pas spoiler des aspirants lecteurs.

La dimension religieuse, est particulièrement prégnante dans ce roman. D’ailleurs, il me semble que la traduction française « Désolation » pour « Desperation » passe à côté d’un des éléments essentiels de l’histoire. Ce n’est pas de la désolation dont il est question, mais bien du désespoir, au sens parfois religieux du terme. Car c’est bien de cela dont il s’agit : des personnes subissant épreuves après épreuves, et devant pourtant résister face à la tentation d’abandonner tout espoir. Toutes ne réussiront pas, mais essaieront.

Ce qui m’a assez déroutée dans cette histoire, c’est justement la place assez importante que King accorde à la foi comme voie du salut, lui qui m’avait plutôt habituée à une vision particulièrement critique et acerbe de la religion. Ceux qui ont lu Carrie penseront forcément au fanatisme de la mère de Carrie. Je pense aussi au père Callahan, un prêtre alcoolique déchu dans Salem qui cherche la rédemption dans la Tour Sombre.

Pour conclure, même s’il ne rentre pas dans mon top 5, Désolation fait partie des livres de King qui fera passer un très bon moment de lecture.

 

Mon personnage préféré

Je pense que je ne vais pas être très originale si je vous dis que c’est Johnny Marinville qui a retenu mon attention. Stephen King affectionne particulièrement les personnages d’écrivain assez borderline et ça se voit. Pour les connaisseurs, je n’évoquerai que Jack Torrance (Shining), Ben Mears (Salem), Taddeus Beaumont (La part des ténèbres). Même si ce n’est pas, comme les personnages que je viens de citer, le protagoniste principal, il bénéficie d’un traitement de faveur dans le développement de sa personnalité. C’est un auteur sur le retour, qui a une vie principalement marquée par les addictions et l’égoïsme, et qui fait montre d’un cynisme à toute épreuve. Cependant, il équilibre les forces face à David, un jeune garçon à la foi quasi inébranlable (et qui m’a quelque peu agacée je dois l’admettre). C’est résolument un anti-héros qui n’a pas la langue dans sa poche et n’hésite pas à dire ce qu’il dit, quitte à choquer.

 

Un passage qui m’a marqué

La scène de tentative d’évasion des cellules de la prison de Désolation est particulièrement représentative du talent de King à nous tenir en haleine. Les protagonistes sont enfermés, un flic fou peut revenir à tout moment et un coyote veille à ce qu’ils ne s’évadent pas. David va tout tenter pour sauver ses compagnons d’infortune… Le reste je vous laisse le découvrir.

 

Une citation

« On se conduit comme des personnages de mauvais films d’horreur, se dit-elle avec dépit. On reste alors qu’on sait qu’on devrait partir, on va voir là où on n’a rien à faire.

C’était vrai, mais n’est-ce pas de cette façon que les gens se conduisent, en général ? […] N’était-ce pas la raison pour laquelle toutes ces horreurs arrivaient dans le monde ? Les gens restaient alors qu’ils savaient parfaitement qu’ils auraient dû fuir, ils continuaient alors que qu’ils auraient dû couper les ponts et se sauver. N’était-ce pas, en dernière analyse, la raison pour laquelle tant de gens aimaient les mauvais films d’horreur ? Parce qu’ils reconnaissaient l’enfant terrifié qui refusait de quitter la maison hantée même après que le meurtrier s’en était pris à lui. »

 

Bonus

Impossible de parler de Désolation sans évoquer Les Régulateurs, les deux formant un dyptique. Même personnages, mais autre lieu. Les deux romans ont été publiés le même jour. Si vous êtes curieux, jetez-y un œil !

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via Chroniques

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6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. ParizerGummi dit :

    Étant fan du King depuis… 40 ans facile, j’avais commencé avec Carrie. Désolation est bien, et c’est vrai que j’ai eu du mal à finir, avec un creux en seconde partie, mais son côté monde décrépit m’a séduit. J’ai préféré 22.12.63 et Mr Mercédès, ainsi que d’autres (trop long à préciser), cependant Allez-y. Ça reste le Roi, quoi !
    👑
    Ah Isa, c’est ParizerGummi.
    😎

    Aimé par 1 personne

  2. tomabooks dit :

    Je ne l’ai pas encore lu, mais je dois dire qu’il me tente énormément suite à la lecture de ce super article 🙂
    PS: je n’ai pas besoin de l’acheter, il est déjà dans ma bibliothèque 😂

    Aimé par 1 personne

    1. La p'tite Isa dit :

      Un jour tu achèteras un livre suite à l’un de mes articles 😉. Merci pour ton commentaire 😘

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  3. Super Doc dit :

    Super article ! Pour ma part j’ai été un peu déçu par Les Régulateurs, trop perché à mon goût. Je ne suis pas fan de l’effet miroir entre ce dernier et Désolation. Je crains de ressentir la même chose à la lecture de Désolation. À voir !

    Aimé par 1 personne

    1. La p'tite Isa dit :

      En fait j’ai trouvé que les 2 histoires n’avaient rien à voir, excepté une variation autour des mêmes personnages. Désolation est bien meilleur.

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  4. Tomhas dit :

    Mais quelle chronique ! Ça me donnerait presque envie de le relire :p Je connaissais les Régulateurs que de nom, maintenant je vais courir l’acheter juste pour la curiosité XD

    Aimé par 1 personne

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